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A tous les parents qui donnent des surnoms à leurs enfants :


A tous les parents qui donnent des surnoms à leurs enfants :

Ma Poule, Poussin, Poussinnette, Chéri(e), ma Puce … Les parents rivalisent d’originalité quand il s’agit de donner un petit surnom à leurs enfants. Peu importe le mot utilisé, néologisme abracadabrantesque ou pas, ils témoignent tous du désir des parents de différencier leurs enfants des autres et soulèvent le niveau de complicité entre parents et enfants.


« Tous les parents donnent des surnoms à leur enfant »

« Quasiment tous les parents donnent des petits noms à leur enfant », confirme Geneviève Djenati, psychologue. « Ça sort tout seul, on n’y réfléchit pas. » Bien qu’ils sortent tout seul et restent bien ancrés pendant des années et des années ensuite, les surnoms ne sont pas totalement dus au hasard, en effet, ils relèvent de l’inconscient du parent.

« Surnoms : une marque d'intimité »

« Le choix des mots n’est en effet pas lié au hasard », poursuit la psychologue. « On les puise dans sa propre enfance, dans la culture familiale, mais aussi dans les projections inconscientes qu’on fait sur son enfant. Ils expriment la relation qu’on voudrait avoir avec lui, le désir qu’on a de se l’approprier – ou pas. »

« Les petits noms sont des marqueurs d’intimité », souligne Geneviève Djenati.

Les pronoms possessifs en sont le révélateur le plus évident : MA puce, MON chéri, MA choupette … Ils mettent en exergue l’ « appartenance » des enfants vis-à-vis de leurs parents et soulignent l’étroitesse de la relation. Tandis que le prénom de l’enfant est utilisé par tout le monde, le petit nom lui, n’appartient qu’aux parents. 
 

« Surnoms : un désir de singulariser son enfant »

Parfois, trop d’originalité tue l’originalité : « J’appelle mon fils ma petite crotte de nez », témoigne un papa. Quand l’orignal se joint au pratique : « Il se reconnaîtra, personne d’autre que lui ne porte ce nom-là ! » Certes …

Il y a aussi ceux qui bricolent ou trouvent des surnoms à rallonge en mettant plusieurs mots les uns à la suite des autres : mon oiseau des îles, mon p’tit loup adoré plein de poils …

« Certains petits noms ont directement à voir avec le physique de l’enfant », observe Geneviève Djenati. « Ainsi Bouboule, ma grosse, ma grassouillette d’amour, mon hamster joufflu, grands-pieds, etc. » Attention à ne pas lui filer des complexes …  « D’autres qualifient le comportement : mon piailleur, mon casse-pieds, mon risque-tout, mon petit père tranquille », poursuit la spécialiste. « D’autres encore qualifient la relation que l’on a avec lui : mon trésor, mon prince, mon soleil, mon cœur. »

Tout ça pour dire : les sources d’inspiration et les surnoms possibles et imaginables ne manquent pas !

Si l’on y regarde de plus près, deux champs lexicaux reviennent très souvent : celui des animaux et celui des aliments. Au moins une fois dans toute la vie de l’enfant, ses parents l’appelleront par un nom d’animal (mon lapin, mon chaton, ma puce …) ou par un nom d’aliment comestible (ma pomme d’amour, ma patate douce, mon chamallow …).


« Surnoms : à poils et à plumes »

« On utilise surtout des noms d’animaux à plumes ou à poils qui traduisent notre envie de caresser », remarque Geneviève Djenati. Mais pourquoi des animaux ? « Tout simplement parce que les jeunes enfants en sont très proches », poursuit la psychologue. « Pour un bébé, l’animal c’est lui. Il s’identifie à cette créature qu’il sent fragile et dépendante comme lui, et il lui attribue des sentiments humains. Nous avons tous été bébés et nous en avons conservé le souvenir. En devenant parents, nous régressons pour nous mettre au niveau de notre enfant. Inconsciemment, bien sûr. »

Les surnoms d’animaux sont révélateurs de la façon dont le parent perçoit son enfant, mais également de la personnalité de l’enfant. Un petit énergique aura plus tendance à être appelé « Ouistiti » plutôt que « Tortue », une petite qui respire la douceur se verra affublée du surnom de « Biche » plutôt que « Moufette », un enfant petit par la taille sera plus un « Poussin » qu’un « Lion » etc.


« Surnoms : je t'aime, je te mange ! »

« Tous ces petits noms [alimentaires] renvoient à la même chose : c’est une façon de dire qu’on aurait envie de manger son enfant », décode la psychologue. « C’est bien connu : quand on aime, on a envie de dévorer l’autre pour se l’approprier. Dans le cas des mères, cela peut aussi traduire l’envie de remettre son bébé en soi pour ne plus faire qu’un avec lui, comme au temps de la grossesse. »

L’expression « mignon à croquer » en est l’exemple concret. Souvent les surnoms « alimentaires » sont des sucreries, toujours plus agréables à manger (envie de sucre quand tu nous tiens …) : « mon sucre d’orge », « ma chouquette », « mon roudoudou », « mon Chamallow », « ma fraise Tagada », « ma pomme d’amour » ...

Mais certains parents préfèrent le salé : « ma cacahuète », « ma biscotte », « ma patate douce », « mon petit pot de beurre » … Ce qui donne des surnoms étonnamment mignons tout de même ! 

« Surnoms : un miroir tendu »

Les enfants ont-ils conscience de ce que signifie(nt) leur(s) surnom(s) ? « Au début, ils n’en saisissent pas le sens », estime la psychologue. « Au ton de la voix, aux mimiques des adultes, ils perçoivent juste qu’il s’agit d’un mot gentil. Mais ensuite, ils enregistrent ce que le mot veut dire. Et lorsqu’il a un sens dans le langage courant (ma princesse, destructor, mon casse-pieds), ils risquent de se conformer à l’image qu’on leur renvoie d’eux. »

Aussi, soyez vigilants avec le surnom que vous donnez à votre enfant :
- Un surnom à consonances « négatives » bien qu’il soit affectif à la base, comme « Brutus » ou « Casse-pieds » peuvent influencer le comportement de l’enfant « Si on m’appelle comme ça, c’est que c’est ce que je suis », vous risquez de l’enfermer dans un rôle qui ne correspond pas forcément à ce qu’il est ou veut devenir.
- À l’inverse, un surnom trop valorisant peut également être néfaste : appeler sa fille « ma Princesse », c’est mignon, mais attention à ne pas en faire une vraie petite princesse qui veut tout, tout de suite, et n’accepte pas le refus.

Autrement dit, un surnom, ça colle à la peau, bien qu’affectif, soyez dosés par rapport à comment vous appelez votre enfant si vous ne voulez pas vous retrouvez avec un « Monstro » en puissance. Puis il faut bien l’avouer, nous avons tous aimé (et aimons encore) quand nos parents nous appellent par nos petits surnoms bien à nous qui ne ressemblent à aucun autre.

Source : www.famili.fr



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